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Les plus grands noms du design ont mis leur talent au service d’Air France, apportant esthétique et prestige au voyage aérien

Lorsque, dans les années 1930, Air France se lance à la conquête du voyage aérien, sa stratégie s’ordonne d’emblée, selon les règles lumineuses de la modernité. Une modernité progressiste et humaniste. Pour cela, la compagnie fait appel aux créateurs et architectes les plus audacieux de l’époque.

Dans les années 1950, Air France fait appel à Raymond Loewy, le « pape » du design. L’essor du trafic impose une conception nouvelle de l’activité, plus industrielle. Ambassadrice d’un art de vivre « à la française », la Compagnie n’entend pas sacrifier son image sur l’autel de la rationalité. 

Air France ne cessera plus de s’intéresser à l’esthétique des lignes et des formes, qu’il s’agisse de la vaisselle, signée, par exemple, Andrée Putman ou Philippe Starck, de celles d’un siège, et bien évidemment du cadre de ses cabines et de ses agences, faisant appel aux plus grands comme Raymond Loewy donc, puis Pierre Gautier-Delaye, Charlotte Perriand ou encore Andrée Putman.

En 2009, les milieux professionnels du design saluent la permanence de la stratégie visuelle d’Air France, en décernant à l’agence Brandimage – qui l’accompagne dans ses choix et réalisations –, le grand prix Stratégies du Design Global. Et en 2012, le Salon du hall M au Terminal 2E de Paris-Charles de Gaulle (conçu par Noé Duchaufour Lawrance) recevait le « Janus du commerce ».

1933-1964 : Charlotte Perriand

Chez Charlotte Perriand, cofondatrice de l’UAM, l’Union des artistes modernes, le mouvement est toujours ascensionnel, comme une prémonition de son aventure avec la Compagnie.

En 1957, Air France qui se voulait « à la pointe du progrès » entreprend de moderniser ses agences et fait appel à cette designer. Dans l’invention et la construction de ces nouvelles agences situées aux quatre coins du monde, Charlotte Perriand va mettre en œuvre ce qu’elle appelle « l’art de rue ».
Elle y installe des photographies, des dômes vitrés, des meubles écrans, des dalles et des rangements, encore des rangements, afin que tout soit clair, net et précis. Charlotte Perriand multiplie la rénovation des agences, nouant ainsi un lien particulièrement privilégié avec Air France.


1950-1952 : Jean Prouvé

Jean Prouvé, ferronnier de formation, a très vite adhéré aux idéaux modernistes : construction industrialisée dans le bâtiment et matériaux aluminium.

En 1954, Prouvé participe avec Charlotte Perriand à l’ameublement de la résidence universitaire Jean-Zay à Antony.

Nul hasard, dès lors, à ce qu'Air France, qui cherche alors à s’implanter de plus en plus activement outre-mer, au Japon, au Brésil et en Afrique, notamment pour y installer des hôtels et restaurants hauts de gamme, ait fait appel à ce binôme de créateurs et amis.
Une collaboration fructueuse se met ainsi en place, Perriand s’accordant avec Prouvé pour imaginer un prototype des équipements en tôle pliée.
C’est à Brazzaville qu’il va le déployer en créant l’unité d’habitation Air France et l’aménagement intérieur de deux hôtels : le relais de Maya Maya et l’hôtel du Parc.


1952-1976 : Raymond Loewy

Fondateur de sa propre agence en 1930, Raymond Loewy entre dans une période de frénésie créatrice : logo pour Shell, objets pour Coca-Cola, paquet de cigarettes Lucky Strike, etc. Le président Kennedy lui commande la décoration de l’Air Force One, puis, en 1976, le design de l’intérieur de la station Skylab pour la Nasa.

Raymond Loewy est le parangon du design industriel autoproclamé esthéticien industriel et génial inventeur de multiples logos dont certains perdurent encore. Très vite attiré par les Etats-Unis, c’est dans le pays des self-made men qu’il va devenir ce designer industriel de génie qui marqua l’histoire du design et des marques.

Après son travail sur quelques Super Constellations, en 1952, Loewy se voit confié par Air France l’aménagement du premier Concorde : le décor du salon d’accueil à l’aéroport de Roissy, meublé de fauteuils signés Le Corbusier, la cabine intérieure, les sièges aux différentes couleurs, mais aussi les éclairages, la vaisselle, avec les couverts signés Christofle, et jusqu’au plateau-repas.

1958-1988 : Pierre Gautier-Delaye

Dès la fin des années 50, Pierre Sautet, directeur du marketing d'Air France, va confier, pour une durée de quinze ans, la rénovation et l’aménagement de soixante-dix agences à l’architecte-décorateur Pierre Gautier-Delaye, issu du studio parisien de Raymond Loewy mais indépendant depuis 1958.
Celui-ci commence par l’agence des Champs-Elysées, fixant sur la façade un bandeau en acier inoxydable, une conception qui fera date et sera reprise aux quatre coins du monde.

Gautier-Delaye imprime ainsi sa marque, sa signature. Il innove ensuite des portes à ouverture automatique. A l’intérieur de l’agence originalité encore : il organise l’espace tout en longueur et ainsi créé un effet de perspective en alignant les comptoirs de vente sur des marches surélevées. Chaque plancher est identifiable par une couleur, selon une large gamme qui varie du jaune au bleu en passant par l’orange, le rose et le violet, tel un arc-en-ciel qui correspond si bien à ces années de modernité et d’hédonisme.

A la même époque, un nouveau type d’avions révolutionne l’espace aérien : le 747. Air France fait de nouveau appel à Gautier-Delaye. Le designer aménage le premier Boeing B747 en 1970 reliant Paris-New-York, et notamment la cabine première classe avec ses trente-six sièges. 


1933-1994 : Andrée Putman

L'oiseau blanc au bec courbé, un joyau technologique né de l’alliance franco-britannique. Ce jet va deux fois plus vite que les autres jets, assurant la liaison Paris-New-York en trois heures trente.

Très vite en effet, le Concorde apparaît comme l’emblème du luxe. Son premier aménagement a été confié à Raymond Loewy qui a tout conçu. En 1985 et 1988 c’est Gautier-Delaye qui renouvèlera la cabine avec la ligne rouge tulipe, bleu et beige, puis par Andrée Putman à l’occasion du vingtième anniversaire du supersonique.
La designer Putman part de l’idée de coiffer les sièges d’un postiche et d’installer une moquette marquée d’un dessin géométrique noir et blanc.

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