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Les compagnies constitutives d'Air France ont pour vocation le transport de courrier, qui englobera plus tard le fret.

À l’origine de l’aviation commerciale

Transporter des marchandises par les airs, en sus du courrier, ne va pas de soi. Les appareils sont limités – tant par leur capacité d’emport que par leur rayon d’action –, n’offrant un réel attrait que pour le petit fret ou le courrier. Il s’agit d’une activité marginale, donc, mais qu’Air France intègre peu à peu dans les années 1930. Dans les soutes de ses appareils, on trouve des journaux (surtout entre Paris et Londres), de la ganterie (vers la Scandinavie), des parfums (vers l’Angleterre), de la mode et des lingots d'or.

 

Un essor prodigieux

Changement de décor après guerre. En six ans de conflit, l’usage du fret aérien s’est développé. Il se banalise dès lors, avec des appareils de plus en plus performants. Entre 1938 et 1950, le trafic passager mondial est multiplié par 17, celui du courrier par 6. Le fret ? Par 45 ! Les compagnies rentabilisent les soutes de leurs avions, et se lancent aussi dans les vols tout cargo, comme Air France qui ouvre une ligne entre Paris et Alger.

Dans les années 1960, l’arrivée des jets entraine une véritable industrialisation du secteur. Le volume de soute passe de 20 m3 pour un Lockheed Constellation à 40 m3 pour un Boeing B-707. Surtout, en modernisant sa flotte, Air France – comme les autres compagnies – libère des dizaines d’avions à piston, « recyclés » dans le fret.

 

L’envol du « Pélican »

A partir de 1963, entrent en service les premiers jets cargo. Un Boeing 707-320C (baptisé « Pélican » chez Air France) peut transporter 40 tonnes de marchandises. Son chargement est optimisé grâce aux conteneurs, inventés à cette époque. A Orly, Air France ouvre sa première gare fret, qui voit parfois passer de singulières cargaisons : voitures, chevaux, œuvres d’art...

Comme les tarifs baissent, le fret aérien prend alors une ampleur considérable dans les échanges commerciaux. Au-dessus de l’Atlantique nord, voie royale du transport aérien, 13 000 tonnes de produits voyagent en 1955. Quinze ans plus tard : 410 000 tonnes.

Le secteur voit arriver avec gourmandise les premiers gros porteurs. Dans sa version cargo, le Boeing 747 peut avaler jusqu’à 110 tonnes de marchandises, près de trois fois plus qu’un B-707-320C. Air France adopte ce Super Pélican dès 1974.

  • Transport d'or par Air France dans un Fokker F.VIIS - 1935 © Collection Air France
  • Quai de chargement des camions de fret. Orly, zone fret - Années 1940-50 © Collection Air France
  • Chargement de fret dans un DC4 à Orly © Collection Air France

Un vrai métier Air France

Le fret devient un vrai métier au sein de la compagnie tricolore, il « pèse » 22% de son activité au début des années 1970. Une direction dédiée, Air France Cargo, est créée en 1972.

Las, les crises pétrolières touchent l’aérien de plein fouet. Le paysage du fret aérien se redessine. De nouveaux acteurs apparaissent, les compagnies charters mais surtout les transporteurs express. Air France reste un acteur de premier plan (leader mondial en 1985) mais peu à peu, une nouvelle répartition des flux aériens se met en place dans les années 1980-1990. Le trafic se partage entre les compagnies tout cargo (10% en 1996), les compagnies express dites intégrées (15%), les compagnies passagers (39%) et enfin des compagnies passagers qui possèdent des avions cargo (36%).

 

N°1 mondial, après les intégrateurs

Air France fait partie de cette catégorie, même si elle privilégie désormais pour le fret les soutes de ses avions passagers. Elle s’appuie sur 3000 spécialistes et un réseau de 200 escales, articulées autour de quatre grandes gares de fret, dont celle de Paris-Charles de Gaulle. Sans oublier sa flotte de 15 avions tout cargo. Associée à KLM dans Air France-KLM Cargo, elle est aujourd’hui le premier opérateur mondial du secteur, après les intégrateurs.

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