© Collection Air France

Pilote

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A la création d’Air France, en 1933, le pilotage n’est plus l’apanage d’aventuriers téméraires.

Derniers aventuriers, premiers pilotes

L’Aéropostale déjà, celle des Mermoz et Guillaumet, avait remplacé le culte de l’exploit par la religion du courrier. La nouvelle compagnie – qui absorbe l’Aéropostale cette année-là – reprend volontiers son credo à son compte. Les pilotes et chefs pilotes (ils sont 93 en 1936) doivent faire preuve de fiabilité, et d’esprit de responsabilité. En dépit d’avions parfois incertains, et de cockpits surencombrés : leviers, manettes, cadrans de toutes sortes.

 

Du pilote à l’équipage

Au fil des années 1930, la notion d’équipage se précise. Le premier adjoint du pilote est le radio-télégraphiste – le « radio » (163 en 1936) – lien indispensable entre l’appareil et le sol, en étroite liaison avec les services au sol. Ecouteurs sur les oreilles, il transcrit les messages au pilote, sur des bouts de papier. Puis l’allongement des distances entraine l’apparition d’un spécialiste capable de tracer la route à l’appareil : le navigateur (3 en 1936). Un mécanicien fait souvent partie de l’équipage (39 en 1936). Enfin, avec des étapes toujours plus longues, un second pilote doit pouvoir remplacer le titulaire, en cas de fatigue.

  • Un pilote et un barman devant le LéO H-213 Golden Ray d'Air Union © Collection Air France
  • Équipage du vol du Général De Gaulle à Londres en Caravelle III - London Heathrow - 1960 © Collection Air France
  • Equipage portant l'uniforme Carven © Collection Air France

Des fonctions de plus en plus automatisées

Puis l’essor de l’aérien stimule l’innovation, qui modifie considérablement la pratique des métiers techniques. Les pilotes sont de plus en plus assistés, par des instruments de bord comme le pilote automatique, puis par d’autres aides, comme les systèmes hydrauliques – les « muscles » des avions – qui permettent d’agir sur des machines de plus de 50 tonnes. L’automatisation se généralise, le travail humain est recentré sur le pilotage. L’apparition des centrales à inertie puis des systèmes de géo positionnement par satellite entraine la disparition des navigateurs aériens. La radiophonie fait disparaître les « radios » ; les pilotes sont désormais en contact direct avec les centres régionaux de contrôle. La fiabilité accrue des réacteurs rend superflue la présence d’un mécanicien à bord.

 

Une profession qui s’est (un peu) féminisée

Cela n’empêche pas l’effectif PNT – Personnel Navigant Technique – de progresser de façon significative : 190 personnes en 1945, 765 en 1950, 2053 en 1975 et plus de 4 000 aujourd’hui ! Assistés d’outils de plus en plus perfectionnés, les pilotes assument simplement plus de responsabilités : le pilotage, la navigation, les télécommunications et la surveillance mécanique du vol. Désormais, les équipages techniques sont composés d’un commandant de bord, qui a autorité sur l’ensemble de l’équipage et des passagers, et d’un officier pilote de ligne (ou copilote). Un PNT qui se féminise peu à peu. Il a fallu attendre 1975 pour voir une femme– Danièle Décuré – aux commandes d’un avion d’Air France. Aujourd’hui, environ 7% des pilotes d’Air France sont des femmes.

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