Un réseau historique

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Stockholm, Tunis, Santiago du Chili, Saigon... En 1933, le réseau d’Air France est déjà impressionnant.

Plus de 37 000 kilomètres de long, structurés en cinq secteurs : l’Europe continentale (basé au Bourget), la Méditerranée (Marignane), l’Amérique (Buenos Aires), l’Afrique (Toulouse) et l’Orient (Damas).

Vaste maillage en trompe l’œil : le trafic se concentre en Europe. A elle seule, la liaison Paris-Londres capte un tiers des passagers. Les deux lignes long-courrier sont peu exploitées. Sur Paris-Santiago du Chili, seul le courrier franchit l’Atlantique. Et si le Marseille-Saigon hebdomadaire transporte des voyageurs, le prix et la durée de l’expédition – 7 jours – restent dissuasifs.

 

Premières liaisons « touristiques »

Six ans plus tard, le réseau s’est modernisé, et sensiblement étendu. La ligne d’Extrême-Orient a été prolongée jusqu’à Hong-Kong, et des liaisons touristiques – Cannes, Biarritz, La Baule, etc. –complètent désormais l’axe Londres-Paris-Lyon-Marseille-Alger.

Le Dewoitine D338 "Ville de Strasbourg" puis "Ville de Vientiane" - 1939 ©Musée Air France

LE RÉSEAU EN 1939

• 46 000 kilomètres de lignes
• 85 escales dans le monde

Une ligne à la loupe :
"Marseille - Hong-Kong"

• 7 jours
• En Dewoitine 338
• 12 passagers
• 1 liaison hebdomadaire


La guerre plonge la compagnie dans la tourmente : réseau démantelé et rarification du matériel. L’activité est réduite à peau de chagrin. A la libération, une partie de la flotte reste bloquée puis saisie en métropole. L'exploitation à partir d'Alger se maintient. Une Air France libre se crée en 1941 à Damas et à Dakar. L'Aéromaritime voit son exploitation freinée. Les compagnies se regroupent à la libération et s’agrègent au réseau métropolitain tout juste reconstitué, pour former le Réseau des Lignes Aériennes Françaises. En 1946, le nom RLAF disparaît, au profit de celui d’Air France.

 

« Le plus grand réseau du monde » dès 1948

La compagnie renaît donc, sur les contours du RLAF. Avec un tropisme au Moyen-Orient, autour de Damas, et en Afrique, où elle possède des lignes long-courrier et de multiples réseaux locaux. Son déploiement s’accélère, facilité par la mise en service d’appareils de dernière génération. Le réseau européen s’étoffe, jusqu’à compter une quinzaine de lignes. La ligne d’Extrême-Orient, un temps suspendue au trafic civil, est prolongée jusqu’à Shanghai. Le Brésil et l’Argentine sont à nouveau reliés à la France. Air France ouvre surtout sa première liaison entre Paris et New York (1946), via Shannon et Gander. Trois ans après la fin de la guerre, elle peut déjà s’enorgueillir de posséder, avec 188 000 kilomètres de lignes, « le plus grand réseau du monde ».

 

Déploiement tous azimuts dans les années 1950-1960

Le rythme ne faiblit pas la décennie suivante. Les nouvelles escales s’ouvrent tous azimuts. En Amérique : Mexico (1952), Chicago, Montréal, les Antilles (1953), puis Caracas, Bogotá, Quito, Lima (1958). En Asie et dans le Pacifique : Tokyo (1952), Nouméa, Brisbane et Sydney (1954). Et même en Europe, notamment à Moscou (1958), suite au réchauffement des relations franco-soviétiques.


LE RÉSEAU EN 1958

• 300 000 kilomètres de lignes
• 225 escales dans 76 pays

Une ligne à la loupe :
"Paris- Hong-Kong"

• 45h40
• En Lockheed Super Constellation
• 81 passagers
• 1 liaison hebdomadaire


Un Lockheed L.1049G Super Constellation - 1957 ©Musée Air France

Ce déploiement est à peine freiné par le contexte extérieur. D’abord la concurrence des compagnies françaises privées UAT et TAI, réunies sous la bannière UTA en 1963, avec qui Air France doit partager les droits de vols dans l’Union française. Ensuite la décolonisation, qui redistribue les cartes avec les acteurs locaux, en Indochine, en Afrique du Nord ou en Afrique noire.

 

Les jets redessinent le réseau

L’arrivée des jets maintient l’essor. Les Caravelle courent bientôt sur l’Europe et la Méditerranée, les Boeing 707 sur les lignes d’Amérique et d’Asie, puis sur l’ensemble du réseau long-courrier. Leur rayon d’action autorise des vols directs inédits : Paris-Los Angeles ou Paris-Rio. Air France est désormais la compagnie avec « Les deux meilleurs jets sur le plus long réseau du monde ». Il atteint 430 000 kilomètres de long.

L’arrivée des gros porteurs libère des B707, redéployés sur de nouvelles lignes comme Paris-Moscou-Tokyo (1970), Paris-Pékin ou Paris-Doha (1973). Entre 1976 et 1987, des escales sont ajoutées, notamment en Amérique (Boston, Miami ou Recife). Air France se lance à l’assaut du ciel européen, avec une nouvelle génération de modules intermédiaires (B737 puis A320). Fin 1988, elle aligne le plus grand nombre d’escales en Europe (82).

 

Se concentrer sur des marchés clefs

Avec la dérégulation, qui fragilise les « majors », l’extension ne présente plus le même intérêt stratégique. Il devient préférable de se concentrer sur des marchés clefs, avec des réseaux structurés autour de hubs (des plateformes de correspondance).

En 1996, Air France ouvre son hub de Roissy-Charles de Gaulle 2 puis crée le Groupe Air France-KLM avec KLM en 2004, qui possède son propre hub à Amsterdam-Schiphol.
Leurs réseaux, complémentaires, sont aussi connectés à ceux des compagnies partenaires de l’Alliance Skyteam. En choisissant Air France, un voyageur a aujourd’hui accès à plus de 1 000 destinations dans le monde entier.

Boeing 777-300 et Airbus A380 - 2014 ©Air France

LE RÉSEAU EN 2015

• + de 1 000 escales dans 179 pays
(via l’alliance Skyteam)
• 179 escales en propre dans 80 pays

Une ligne à la loupe :
"Paris- Hong-Kong"

• 11h50
• En Airbus A380
• 507 passagers
• 42 liaisons hebdomadaires


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